26 août 2009

Utility Computing

En octobre 2008, quand j’ai commencé mes recherches sur le "Cloud Computing", j’ai constaté que le concept d’"Utility Computing" ou "Calcul à la Demande" revenait régulièrement dans l’histoire informatique.
Ma première référence remonte à 1974. A cette époque George J. Feeney, dans sa synthèse d’une table ronde "Utility computing – A superior alternative" [F_74], introduit le concept d’"Utility Computing". Dans cet article, il annonce que les sociétés, qui utilisent un des 60'000 calculateurs de manières indépendantes aux États-Unis dans les années septante, devraient suivre le même chemin que l’industrie qui produisait son électricité au début du XXème siècle. Un demi-siècle plus tard, ces industries sont devenues clientes de sociétés productrices d’électricité. Les sociétés devraient à terme aussi externaliser leur informatique pour des raisons économiques.
Les facteurs, qui ont conduit ce changement pour l’électricité, sont les économies d’échelle, le fait que les coûts puissent être variables et que la technologie, pour produire cette énergie, a évolué rapidement. George J. Feeney rapporte aussi que grâce à l’"Utility Computing" les sociétés et les universités pourront utiliser des machines sophistiquées en ne payant que ce qu’elles consomment.
En 2002 [SJ_02], IBM, Sun et HP investissent dans le concept d’"Utility Computing" et proposent tous les trois leur propre solution. L’argumentaire de ses prestataires de services est une diminution des coûts, une simplification de la gestion des infrastructures et une possibilité d’augmenter ou de diminuer la puissance de calcul en fonction des besoins. Depuis d’autres acteurs, comme Microsoft, Google ou Amazon ont lancé leur solution.
Le concept d’"Utility Computing" est rémanent et toujours à la base des projets d’externalisation des solutions informatiques. On retrouve les mêmes arguments économiques pour le "Grid Computing", les "Web Farm" et le "Cloud Computing", seul les concepts techniques évoluent.
Juste après avoir rédigé ces quelques lignes pour mon mémoire, j’ai lu un article de James Urquhart [U_09], dans un flux RSS auquel je suis abonné. Cet article "In cloud computing, data is not electricity" démontre que l’analogie à l’électricité ne peut-être simplement appliquée au monde informatique. Lors de la consommation d’électricité, l’utilisateur ne se soucie pas d’où vient l’électricité. Dans le concept d’"Utility Computing" et plus particulièrement avec le "Cloud", il est important pour le consommateur de savoir où et comment est stocké son information. Toutefois, James Urquhart conclut son article en confirmant qu’il faudra encore beaucoup de temps pour gagner la confiance des entreprises. L’externalisation complète de l’informatique va encore prendre des décennies et devoir surpasser de nombreux obstacles aussi bien techniques que légaux.
[F_74] George J. Feeney, A panel session - Utility computing - A superior alternative?, publié en 1974
[U_09] James Urquhart, In cloud computing, data is not electricityhttp://news.cnet.com/8301-19413_3-10296370-240.html, publié le 01/08/2009, consulté le 10/08/2009
[SJ_02] John G. Spooner et Sandeep Junnarkar, IBM talks up 'computing on demand', http://news.cnet.com/IBM-talks-up-computing-on-demand/2100-1008_3-963807.html, publié le 30/10/2002, consulté le 06/08/2009

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