05 septembre 2023

Nouvelles expériences personnelles

 En 7 ans, j’en ai vu des nuages : stratus, stratocumulus, cumulus, cumulonimbus, etc. Le cloud computing n’est plus aussi nébuleux et vaporeux que ce qu’il était en 2009 quand j’ai publié pour la première fois sur ce blog : Maslintcho On The Cloud.

En 2017, j’ai migré ce site sur le cloud d’Amazon, le leader mondial du secteur (Nouveau site d'Olivier Leclère). J’ai été séduit par la facilité d’utilisation, la flexibilité et la performance de ses services. J’ai pu héberger mon blog sur un serveur virtuel, gérer ma base de données, stocker mes fichiers, et bénéficier de la sécurité et de la fiabilité du géant américain.

Mais en 2022, j’ai décidé de quitter les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) pour héberger mon blog sur un serveur en Suisse. Pourquoi ce changement ? Parce que je me suis rendu compte que les GAFAM avaient trop de pouvoir sur nos données personnelles et professionnelles. Ils collectent, analysent et exploitent nos informations sans notre consentement, et les partagent avec des tiers à des fins commerciales. Ils sont aussi soumis aux lois américaines, qui peuvent leur imposer de livrer nos données aux autorités.

J’ai donc choisi de faire confiance à un fournisseur suisse, qui respecte la vie privée et la souveraineté numérique de ses clients. J’ai opté pour Infomaniak, une entreprise qui propose des solutions de cloud computing basées sur des technologies open source et des normes éthiques, ainsi que du hosting web depuis les années 1990. D'ailleurs je suis client chez eux depuis 1999. J’ai ainsi pu transférer mon blog sur un serveur situé en Suisse, protégé par les lois suisses, et bénéficier d’un service de qualité, personnalisé et transparent.

Mon défi avec l’IA générative

Depuis environ 1 an, l’IA dite générative (GenAI) est entrée dans nos vies. Qu’est-ce que c’est ? C’est une branche de l’intelligence artificielle qui utilise des algorithmes d’apprentissage automatique pour créer du contenu original à partir de données existantes. Par exemple, il existe des IA génératives capables de produire des textes, des images, des sons, des vidéos ou des codes.

Certains voient cette technologie comme le nouvel internet. Comme je l’ai dit sur mon blog actuel, dans mon article Comprendre l'intelligence artificielle (IA) : une définition à la découverte de la technique, l’IA est bête, mais quand elle fait quelque chose bien, elle le fait généralement bien mieux que nous. L’IA générative offre des possibilités infinies pour la création, l’innovation et l’éducation. Mais elle pose aussi des défis éthiques, juridiques et sociaux. Comment distinguer le vrai du faux ? Comment protéger les droits d’auteur ? Comment éviter les abus et les manipulations ?

Durant l’été 2023, je me suis lancé un défi : publier chaque jour ouvrable un article (ChatGPT rejoint l'équipe des rédacteurs de ce blog) avec l’aide de ChatGPT, une IA générative spécialisée dans la rédaction de textes. ChatGPT est un outil en ligne et une API qui permet de dialoguer avec une IA en lui posant des questions ou en lui donnant des instructions. L’IA répond alors en générant du texte à partir de ses connaissances et de son imagination.

J’ai utilisé ChatGPT comme un assistant virtuel pour m’aider à rédiger mes articles. Je lui ai donné des sujets variés, liés aux nouvelles technologies ou à mes centres d’intérêt. Je lui ai demandé de structurer du texte et de rédiger des articles sur des sujets, des sources documentées que je lui donnais. Je lui ai aussi demandé de faire preuve de créativité, d’humour ou de critique. Je n’ai pas toujours suivi ses conseils, mais je dois reconnaître qu’il m’a souvent surpris par la qualité et l’originalité de ses propositions.

Grâce à ce défi, j’ai attiré un nouveau public sur mon blog. Mes articles ont été lus, commentés et partagés par des centaines de personnes. J’ai reçu des retours positifs, mais aussi des critiques et des questions. Certains ont apprécié ma démarche, d’autres l’ont trouvée dangereuse. Certains ont été bluffés par les performances de ChatGPT, d’autres ont été critiques, mais constructifs.

Voici quelques exemples d’articles que j’ai rédigés avec ChatGPT :

Mon objectif avec ce blog

Pourquoi je reviens aujourd’hui, après 7 ans d’absence, sur ce blog ? Parce que je veux partager avec vous mes nouvelles expériences avec l’IA générative, et vous faire découvrir les opportunités et les risques de ces technologies. Je veux aussi vous inviter à participer à mon défi, ou à me suggérer des sujets à traiter avec ChatGPT. Je veux enfin vous demander de partager mon blog https://olivierleclere.ch avec vos contacts, pour augmenter sa visibilité et créer une communauté d’échange et de réflexion autour du cloud et de l’IA.

Je vous dis à bientôt sur Maslintcho On The Cloud !

19 avril 2016

Les sites web des candidats de Top Chef ne tiennent pas la charge

Le 18 avril 2016, M6 a diffusé la finale de son concours de cuisine Top Chef. Personnellement je ne suis pas le roi de la cuisine, mais je voulais savoir si l'organisateur du télé-crochet avait anticipé la montée en charge du trafic sur les sites web des finalistes. Quelques minutes avant l'annonce des résultats, nous avons appris que Coline Faulquier venait d'ouvrir son propre restaurant la Pergola à Marseille. J'ai par conséquent décidé de me connecter sur ce site afin de vérifier si les producteurs de Top Chef avaientt, contrairement aux autres années, anticipé le pic de charge sur les sites web des finalistes.

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Communication de crise - pic de charge et indisponibilité du site web

De par mes origines, je suis l'actualité belge, afin de m'assurer que ma famille va toujours bien.

Samedi 21 novembre 2015, suite aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris et à de nouveaux éléments liés aux enquêtes menées depuis cette tragédie, l'organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM) belge a monté son niveau d'alerte au degré maximum pour la région bruxelloise. Les menaces qui pèsaient sur la capitale Belge ont induit l'arrêt des lignes de métro, ainsi que la fermeture de certains lieux publics comme les écoles, les centres commerciaux, les musées, etc.

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22 novembre 2015

Attentat dans un hôtel – des stratégies de communication différentes

Les attentats sont toujours des événements tragiques. Chacun a une perception différente de la crise et nous ne réagissons pas tous de la même façon. Dans cet article, je souhaite revenir sur deux événements: la fusillade du 26 juin 2015 à l'hôtel Riu Imperial Marhaba à Sousse en Tunisie et la prise d'otage de l'hôtel Radisson Blu de Bamako au Mali le 20 novembre 2015.


Lors de ces deux crises, les groupes hôteliers RIU et Rezidor ont pris des approches différentes.

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16 novembre 2015

Attentats de Paris et stratégie de communication

Dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015, Paris a subit une vague d'attentats, attentats qui ont plongé Paris, la France, voir le monde, dans une situation que le président français François Hollande a lui-même qualifié "d’horreur" et de "situation de guerre".

Sans porter de jugement sur l’efficacité de la communication, je peux dire qu'à aucun moment le lien avec le public n'a été rompu.

Dans cet article, je souhaite vous montrer principalement les points forts d'un point de vue "technique" de cette communication.

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23 octobre 2015

Indisponibilité du site 20 minutes.ch

Quand j’ai publié le tweet : "@20minutesOnline déjà au moins 20 minutes de panne!", mon but n’était pas de chercher des poux à ce canard! Le site 20 minutes.ch me sert à prendre le pouls de l'actualité romande et aujourd'hui vendredi 23 octobre ça faisait au moins 20 minutes qu’il était en panne!!

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05 septembre 2015

Open Data - pas toujours facile de trouver des données!

Les 4 et 5 septembres 2015, j'ai participé aux "Election Hackdays". Cet événement a été organisé par l'association Opendata.ch, en collaboration avec les journaux Neue Zürcher Zeitung (NZZ) pour les suisses alémaniques et Le Temps pour les suisses romands. L'objectif de ce hackathon/workshop était de mettre en relation des designers, des développeurs, des journalistes, des spécialistes et des citoyens de tous bords, afin qu'ils développent, en lien avec les élections fédérales Suisse de 2015, de nouvelles applications ou sites web présentant des données disponibles librement.

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15 avril 2015

Google le dominateur du web?

Les médias nous rapportent que selon l'Union européenne (UE), Google abuse de sa position dominante!

Je n'ai aucun intérêt à défendre Google, mais je suis las d'entendre toujours le même discours de la part de l’Union européenne! Pourquoi cette dernière ne s'attaque pas aux supermarchés ...

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10 mai 2013

Adobe Creative Cloud - ce n’est pas du cloud!

En remplaçant Creative Suite (CS) par Creative Cloud (CC), Adobe fait du "cloud washing". Ce concept  consiste à utiliser un terme informatique à la mode (cloud), pour mieux vendre un produit ou un service.

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08 mai 2013

Comme le dit Bill Gates, je suis frustré avec ma tablette!


Les médias reprennent et commentent les propos de Bill Gates [1] concernant  la frustration des utilisateurs de tablettes comme l’iPad. Personnellement je comprends totalement cette frustration. Fin 2011, j’avais écrit un article intitulé "Utilisez-vous votre "tablette" (iPad, Android, …) pour travailler?". Dans cet article, je répondais à une série de questions quant à mon utilisation d’appareils mobiles comme les smartphones, les tablettes et les PC portables.

Il y a 18 mois dans mon article mentionné ci-dessus, je résumais mes propos en disant "que j’utilise ma tablette comme un super agenda avec carnet de note intégré et un porte document hight-tech".

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02 mai 2013

Le S de httpS:// n’est pas forcément un gage de sécurité!

J’entends et je lis régulièrement dans les médias grand-public que le "S" de "https://" est un gage de sécurité. Le seizième rapport semestriel MELANI [1] nous met en garde à ce sujet, en nous informant que "le second semestre 2012 a vu apparaître des sites Internet d'hameçonnage utilisant un lien URL débutant par "https://", c'est-à-dire des sites qui cryptent les données et offrent une transmission supposément sécurisée".
Comme le dit MELANI le "S" de "https://" permet d’informer visuellement que les données entre le browser de l’internaute et le serveur web sont cryptées. Cela ne signifie en aucun cas que le site est sûr !

Avant d’envoyer vos données personnelles (mot de passe, numéro de carte de crédit, etc.) à un tiers, vous devez vous assurer que vous êtes sur le bon site web ...

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20 mars 2013

Éco-conception web - un nouveau levier du "green IT"


J’ai récemment assisté à une journée passionnante sur l’éco-conception web, une des approches du "green IT" qui mérite d’être prise en considération lors du développement de nouvelles applications.

Personnellement, j’associais uniquement le terme de "green IT" à l’amélioration des performances énergétique des data centres et du hardware de bureau. ...

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20 juin 2012

Cloud storage - Sécurité et confidentialité des données

Cloud storage folder
J’ai récemment été interviewé par le journal TOUT COMPTE FAIT parut le 13 juin 2012 [1]. Dans son article l’auteur Marie Tschumi présente des solutions de cloud storage (concept qui consiste à stocker/sauver ses données chez un tiers dans le cloud) comme : Cloud Drive d’Amazon, Dropbox, Google Drive, iCloud d’Apple et SkyDrive de Microsoft. Personnellement, j’ai été consulté en tant qu’expert du cloud, principalement pour parler des dangers et pour faire des recommandations afin d’éviter ces derniers.

Après avoir parlé pendant de nombreuses années du cloud computing, j'ai migré ce site dans le cloud!

18 janvier 2012

Définition du concept de cloud computing


Le cloud computing, terme marketing à la mode dans le monde informatique, répond à une définition de plus en plus précise. Depuis le 8ème symposium de la HEG "La gestion par le cloud - Mode d'emploi pour entreprises et administrations" en novembre 2011 et afin de répondre aux questions de plusieurs journalistes, j’ai été amené à affiner ma définition précédente.

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04 novembre 2011

Utilisez-vous votre "tablette" (iPad, Android, …) pour travailler?

WiFi-Only Samsung Galaxy Tab - source : http://www.samsungusanews.com
Il y a quelques semaines, j’ai lu  un article de Mac Slocum[1], sur les améliorations à apporter aux tablettes afin qu’elles puissent remplacer les ordinateurs portables.

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07 juin 2011

EcoCloud

"Faire une recherche sur Google consomme la même énergie que faire bouillir de l’eau pour une tasse de thé [1]… Dès 2015 l’EPFL aura des problèmes pour alimenter électriquement ses nouveaux serveurs!".
C’est par ces deux exemples que Martin Vetterli, doyen de la faculté Informatique et Communications (IC) à l’EPFL, a démarré mardi 31 mai, la journée de lancement du projet EcoCloud, au Rolex Learning Center de l’EPFL. EcoCloud est un consortium de 12 laboratoires qui travaillent sur des projets de recherche dans le domaine du Cloud computing.

L’EPFL ne sera pas le seul organisme à connaitre des problèmes de puissance électrique à l’avenir.

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22 mai 2011

PowerPoint dans le Cloud

Depuis plusieurs années, j’emploie régulièrement des solutions SaaS (Software as a Service) comme Google Docs ou Microsoft Office Live, pour backuper en ligne mes présentations PowerPoint. Je n’ai jamais apprécié utiliser ces solutions SaaS, pour créer en ligne une présentation. Google a la fâcheuse tendance à déformer certains graphiques "SmartArt" et Office Live de Microsoft n’est pas compatible avec mon browser favori - Chrome.

Après avoir parlé pendant de nombreuses années du cloud computing, j'ai migré ce site dans le cloud!

Lisez la suite de cet article à l'adresse : https://olivierleclere.ch/blog/2011/05/powerpoint-dans-le-cloud/ 

02 mai 2011

Chaos chez Amazon EC2 – plus jamais ça!

Le 21 avril 2011 le service EC2 (Elastic Compute Cloud) d’Amazon a subi une panne qui a duré près de 3 jours. Certains clients ont même perdu une partie de leurs données [1]. Selon Amazon [2] seul 0.07% du volume des données hébergées dans la zone impactée par la panne ont été définitivement perdues. Ce chiffre ne signifie que peu de choses, car nous ne saurons jamais combien de clients ont réellement perdu des données. Nous pouvons aussi nous poser la question, est-ce que ces clients avaient respecté les règles qu’Amazon impose pour que son SLA (service level agreement) soit applicable?

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Après avoir parlé pendant de nombreuses années du cloud computing, j'ai migré ce site dans le cloud!
Lisez la suite de cet article à l'adresse : https://olivierleclere.ch/blog/2011/05/chaos-chez-amazon-ec2-%E2%80%93-plus-jamais-ca/

13 avril 2011

Cloud computing : risques et périls!

Mardi 12 avril 2011, j’ai fait une présentation intitulée "Cloud computing : risques et périls"  à la conférence sur la Protection des données et Cloud computing du Clusis.

J’ai commencé ma présentation par donner ma définition du Cloud computing et présenter la pyramide du Cloud. Durant cette introduction, j’ai présenté un nouveau concept qui commence à se répandre dans monde du Cloud. Il s’agit de la notion de "community Cloud". Ce dernier est une forme de coopérative appliquée aux systèmes d'information.

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12 avril 2011

g-Cloud (government Cloud) vs. Cloud Computing

En matière de "Cloud Computing", gouvernements et entreprises ont des besoins similaires. Tous deux cherchent des solutions sécurisées, fiables (offrant de la haute disponibilité avec un SLA de 99,99…%) et économiquement intéressantes. Dans cet article je vais donc rappeler quelques principes de bases. Puis, je parlerai des différences entre les deux types de Cloud.

Le Cloud Computing, comme je l’ai écrit dans mon article sur "La pyramide du Cloud Computing", offre des services (IaaS, PaaS et SaaS) qui peuvent être hiérarchisés en trois catégories : "infrastructure", "platform" et "application".

Sur l’image ci-dessus et sur les images suivantes plus le bleu est foncé, plus le gouvernement / l’entreprise peut contrôler et garder la maîtrise sur ses données et inversement plus le bleu est clair et plus il est difficile de contrôler et de garder la maîtrise de son système d’information.

Ces trois catégories de services peuvent être déployées selon plusieurs modèles, comme je l’ai décrit dans mon article "Public et Private Cloud".
Les "Clouds" publics sont généralement exploités par des sociétés tierces comme Amazon, Google, Microsoft, GoGrid, etc. Ce sont des infrastructures mutualisées et partagées par un grand nombre d’utilisateurs. Cela permet de bénéficier d’économies d’échelles.
Les "Clouds" privés sont des solutions dédiées à un client. Ils sont hébergés soit au sein de l’entreprise / du gouvernement ou chez un prestataire de services (infrastructure dédiée). Cela permet de garder un plus grand contrôle sur les données.
Les "Clouds" hybrides combinent les deux types de "Cloud". Ce modèle permet de garantir la sécurité et la confidentialité des données tout en offrant la possibilité d’absorber une plus grande charge de manière temporaire.

 Un gouvernement / une entreprise n’aura pas le même contrôle sur ses données, en choisissant d’héberger sa solution (par exemple Oracle) en interne, sur un "Cloud" privé ou à l’autre extrême sur un "Cloud" public, en utilisant un service de type "Software as a Service". Il devra donc choisir sa solution de "Cloud Computing" en fonction de la criticité de son information.
Nous pouvons donc définir trois niveaux de criticité de l’information : publique, confidentielle et secrète. L’information publique peut être accessible par tout le monde. Cette information est rendue publique au travers de site web, d’application ou de web service. L’information classée secrète doit être accessible uniquement à des personnes clairement identifiées. Si cette information est divulguée au public ou arrive entre les mains d’un autre gouvernement, cela pourrait nuire à la sécurité nationale. Toutefois, certaines administrations comme l’U.S. Air Force [1], ont mandaté des spécialistes du "Cloud" pour étudier et développer des solutions capables de protéger les données sensibles d’un gouvernement. Entre ces deux extrêmes, nous retrouvons toute l’information que nous n’aimerions pas que d’autres personnes connaissent, comme par exemple notre dernière déclaration d’impôts.



g-Cloud vs. Cloud Computing

Nous venons de rappeler les concepts de base du "Cloud Computing". Ces concepts sont valables aussi bien pour les entreprises que pour les gouvernements. Plusieurs points  font la différence entre le "Cloud Computing" pour les entreprises et le "g-Cloud" pour les gouvernements.
Le premier point concerne la législation. Par exemple à Genève (Suisse) nous avons la LIPAD [2]. Cette loi, qui s’applique aux institutions publiques, n’interdit pas à ces dernières d’héberger des données publiques à l’étranger. Par contre, comme toutes les lois du même type (par exemple : la loi fédérale du 19 juin 1992 sur la protection des données (LPD) en Suisse, la loi n°78-17 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés du 6 janvier 1978 en France ou la loi relative à la protection de la vie privée à l'égard des traitements de données à caractère personnel (8/12/1992) en Belgique), elle vise à protéger les données à caractère personnel. Ces lois ne s’appliquent pas uniquement au "Cloud Computing", mais d’une façon plus générale à tous les traitements de données au sein d’une administration publique et/ou d’une entreprise (en fonction du pays). De plus, ces lois contiennent des restrictions quant à la transmission des données personnelles à des tiers, ce qui limite les possibilités d’utilisation du "Cloud Computing".
Mon second aspect en matière de législation couvre les lois applicables dans le pays de domiciliation des serveurs ou de domiciliation des entreprises qui commercialisent les services. Par exemple aux États-Unis, l’USA PATRIOT Act [3] donne au FBI le pouvoir de demander à n'importe quelle organisation de fournir toutes les pièces tangibles pour une enquête de lutte contre le terrorisme international ou les activités d'intelligence clandestines. Des lois de ce type, qui peuvent être décrétées de façon inattendue, ne permettent pas de garantir la sécurité et la confidentialité des données traitées sur des plateformes de "Cloud Computing" domiciliées en dehors du territoire du gouvernement.

Le deuxième point qui peut faire la différence entre le "g-Cloud" et le "Cloud Computing" est la confiance. Suivant la nature et l’importance du projet, avant de déployer un projet sur le "Cloud", il faut obtenir la confiance des utilisateurs. Pour un gouvernement, ce groupe d’utilisateurs varie fortement d’un projet à l’autre. Le groupe s’étend du fonctionnaire au citoyen sans oublier les élus. Par exemple, héberger sur le "Cloud" une application qui gère les stocks de sels pour déneiger les routes, nécessitera d’obtenir la confiance d’un petit groupe de fonctionnaires. A l’autre extrême, héberger une application de vote par internet ou une application pour déclarer ses revenus ainsi que sa fortune en ligne nécessitera de gagner la confiance des élus et des citoyens.
Pour gagner cette confiance la sécurité doit être au maximum et il faut pouvoir facilement auditer la solution. En matière de sécurité, il existe des normes (par exemple : ISO 27000), des lois (par exemple : aux États-Unis FISMA (http://csrc.nist.gov/groups/SMA/fisma/ , loi américaine spécifique à la gestion de la sécurité des systèmes d’information dans les administrations) et des recommandations issues des bonnes pratiques de l’industrie. Valider la bonne mise en œuvre de ces normes, lois et recommandations n’est pas forcément facile, voir impossible pour une administration. Il faut donc faire confiance à un tiers qui effectuera un audit en suivant une norme comme SAS 70 (norme américaine en termes d’audit). Chaque pays, chaque entreprise doit donc définir ses normes de sécurité et les standards de validation de ces derniers.

Le dernier point qui peut faire la différence entre le "g-Cloud" et le "Cloud Computing" pour les entreprises est la dépendance. En choisissant d’héberger un projet ou de consommer un service sur le "Cloud" un gouvernement ou une entreprise devient ainsi dépendant. Cette dépendance porte sur les aspects technologiques et logiciels, ainsi que sur les aspects réseau internet.
Pour les aspects technologiques et logiciels, l’Open Cloud Manifesto a été créé au printemps 2009 [4], mais aucun des "pionniers" et acteurs majeurs du Cloud comme Amazon, Google, Microsoft Azure ou Salesforce n’ont signé ce manifeste. Pour remédier à ce manque de standards, l’IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers) a annoncé le 4 avril 2011 [5], qu’il allait créer un groupe de travail pour définir les standards en matière de Cloud computing.  Ce manque de standards ouverts peut poser des problèmes d’étique à certaines administrations qui sont demandeuses (voir contraintes) d’utiliser des solutions open-source.
Le réseau est également un élément critique en termes de dépendance pour un gouvernement. En effet, en fonction de la domiciliation des serveurs, le réseau traverse un certain nombre de pays. En fonction des relations diplomatiques, ainsi que de la base légale de ces pays traversés, l’accès aux serveurs du Cloud peut être bloqué.

En conclusion, je peux dire qu’un gouvernement peut comme n’importe quelle entreprise déployer des applications, des services ou consommer des services sur le Cloud. Comme toutes les autres entreprises, l’administration devra choisir la solution et le modèle de déploiement qui lui permettra de ne pas être dans l’illégalité. Elle devra respecter certaines normes et être auditable. Finalement, cette solution devra être acceptée par tous les acteurs du projet.
Certaines administrations utilisent déjà des services dans le Cloud. C’est le cas de l’Administration fédérale suisse avec son projet swisstopo [6]. Ce projet a permis de réduire le délai de mise en service d’un nouveau service cartographique. Migrer sur le Cloud offre à swisstopo une plus grande élasticité des infrastructures et par conséquent une meilleure qualité de service pour ses internautes.

[1] IBM, U.S. Air Force Selects IBM to Design and Demonstrate Mission-Oriented Cloud Architecture for Cyber Security, http://www-03.ibm.com/press/us/en/pressrelease/29326.wss, publié le 4/02/2010, consulté le 18/11/2010
[2] GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève, Loi sur l’information du public, l’accès aux documents et la protection des données personnelles (LIPAD), http://www.ge.ch/legislation/rsg/f/rsg_a2_08.html, entrée en vigueur 1/01/2010, consulté le 20/11/2010
[3] Senate and House of Representatives of the United States of America, Uniting and Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism (USA PATRIOT Act) act of 2001, http://www.gpo.gov/fdsys/pkg/PLAW-107publ56/pdf/PLAW-107publ56.pdf, entrée en vigueur 26/10/2001, consulté le 11/11/2010.
[4] Open Cloud Manifesto, http://www.opencloudmanifesto.org/ , consulté le 11/04/2011
[5] IEEE LAUNCHES PIONEERING CLOUD COMPUTING INITIATIVE, IEEE, http://standards.ieee.org/news/2011/cloud.html, publié le 04/04/2011, consulté le 04/04/2011
[6] AWS Case Study: swisstopo, Amazon, http://aws.amazon.com/solutions/case-studies/swisstopo/, consulté le 15/11/2010